Thérèse Raquin a le diable au corps
Une nouvelle fois, Nelligan ne sera pas sur la route de ce dimanche... Néanmoins, la plume poétique de Zola égaye tristement ce dimanche...
Lecture commune (et, on ne peut plus, classique) avec Neph.
Thérèse Raquin
Emile Zola
(1ère éd. 1867)
Le Livre de poche (Coll. Les classiques), 2009

Résumé
♥♥♥ Trois bonnes raisons de lire Thérèse Raquin :
- L'âme humaine mise à nu, sans artifice. Ou comment les passions humaines peuvent déchirer des êtres et les conduire à la folie... et à la mort.
- Un huis-clos psychologique haletant, sombre, misérable.
- Un roman qui mêle tragédie et fantastique: funestes destins et cauchemars trop réels...
Je crois savoir que Neph a aimé ce roman... Allons voir ce qu'elle en écrit...
Lu dans le cadre du Défi J'aime les classiques!
Vous aurez sans doute remarqué que j'ai peu publié ces derniers temps (des empêchements, des priorités moins sympas). J'ai pris du retard dans la lecture de vos blogs, mails et commentaires. Je fais ce que je peux pour rattraper ça! En conséquence, le billet récapitulatif du défi aura aussi un peu de retard. Il ne sera publié que demain (voire mardi, au pire). J'en suis navrée...
2 livres lus sur 13.
Mon billet sur L'Assommoir.
Lecture commune (et, on ne peut plus, classique) avec Neph.
Thérèse RaquinEmile Zola
(1ère éd. 1867)
Le Livre de poche (Coll. Les classiques), 2009
Résumé
Madame Raquin élève seule son fils Camille, enfant chétif et maladif. Très tôt, son frère lui demande de recueillir une petite fille qu'il a ramenée d'Afrique avec lui. Madame Raquin accepte et les deux enfants grandissent ensemble, choyés, gâtés et assommés de traitements médicaux. Alors que l'un devient égoïste, veule et souffreteux, l'autre est brimé, sa fougue éteinte par les odeurs et les élans fiévreux... Tout naturellement, Camille et Thérèse se marient et emménagent à Paris, avec leur mère. Là-bas, Camille retrouve Laurent, un ami d'enfance. Laurent, un fils de paysan, brute et vigoureux. Il n'en faut pas plus pour réveiller la fougue de Thérèse...
Avis
Emile Zola n'a pas son pareil pour décrire, décrypter les comportements humains. Avec justesse et finesse, avec réalisme et poésie, il met l'âme à nu, sans rien passer sous silence. Sans artifice, les noirs désirs sont révélés, les souffrances sont peintes. Mais, mais, mais... on ne peut pas en vouloir à ces personnages, on ne peut pas les blâmer. Précisément parce qu'ils sont "humains". Précisément, parce que, comme souvent chez Zola, on a assisté à leurs "débuts", à leurs rêves, à leurs "bons" désirs ou à leurs difficultés. Après tout, pourquoi Thérèse devrait-elle être condamnée dès sa jeunesse à ne jamais connaître la volupté? Pourquoi n'aurait-elle pas un petit morceau de ciel bleu? Bref, dans ce roman, Zola décrit sans complaisance les passions humaines, ces passions qui conduisent à la déchéance, à la misère la plus complète... à l'asservissement, à la mort.
Par ailleurs, Thérèse Raquin se rapproche d'un huis-clos psychologique: une grande partie de l'histoire se déroule dans les murs, dans le fond de commerce de Madame Raquin, triste et pathétique spectatrice du drame. Chaque sortie conduit les personnages à s'enfermer davantage et à exacerber, malgré eux, leurs peurs et leur haine, leur culpabilité. Au fil du roman, la tension croît, jusqu'à en devenir palpable et pesante, à l'instar des tragédies antiques... Les destins des quatre personnages sont d'ailleurs "dignes" d'une tragédie: passions, rapports de domination, témoin passif, et la folie, l'Etrangère qui cristallise les maux...
De même, ce roman flirte avec le fantastique: les cauchemars de Laurent et Thérèse sont si violents qu'ils imprègnent le quotidien et se confondent quasiment avec la réalité. François, le chat de Madame Raquin, trompe également: figure de superstition, figure hautaine, témoin oculaire de l'adultère, i semble concentrer les différents maux au point d'effrayer les protagonistes.
Entre huis-clos psychologique, tragédie et fantastique, le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer et les pages défilent...
Emile Zola n'a pas son pareil pour décrire, décrypter les comportements humains. Avec justesse et finesse, avec réalisme et poésie, il met l'âme à nu, sans rien passer sous silence. Sans artifice, les noirs désirs sont révélés, les souffrances sont peintes. Mais, mais, mais... on ne peut pas en vouloir à ces personnages, on ne peut pas les blâmer. Précisément parce qu'ils sont "humains". Précisément, parce que, comme souvent chez Zola, on a assisté à leurs "débuts", à leurs rêves, à leurs "bons" désirs ou à leurs difficultés. Après tout, pourquoi Thérèse devrait-elle être condamnée dès sa jeunesse à ne jamais connaître la volupté? Pourquoi n'aurait-elle pas un petit morceau de ciel bleu? Bref, dans ce roman, Zola décrit sans complaisance les passions humaines, ces passions qui conduisent à la déchéance, à la misère la plus complète... à l'asservissement, à la mort.
Par ailleurs, Thérèse Raquin se rapproche d'un huis-clos psychologique: une grande partie de l'histoire se déroule dans les murs, dans le fond de commerce de Madame Raquin, triste et pathétique spectatrice du drame. Chaque sortie conduit les personnages à s'enfermer davantage et à exacerber, malgré eux, leurs peurs et leur haine, leur culpabilité. Au fil du roman, la tension croît, jusqu'à en devenir palpable et pesante, à l'instar des tragédies antiques... Les destins des quatre personnages sont d'ailleurs "dignes" d'une tragédie: passions, rapports de domination, témoin passif, et la folie, l'Etrangère qui cristallise les maux...
De même, ce roman flirte avec le fantastique: les cauchemars de Laurent et Thérèse sont si violents qu'ils imprègnent le quotidien et se confondent quasiment avec la réalité. François, le chat de Madame Raquin, trompe également: figure de superstition, figure hautaine, témoin oculaire de l'adultère, i semble concentrer les différents maux au point d'effrayer les protagonistes.
Entre huis-clos psychologique, tragédie et fantastique, le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer et les pages défilent...
♥♥♥ Trois bonnes raisons de lire Thérèse Raquin :
- L'âme humaine mise à nu, sans artifice. Ou comment les passions humaines peuvent déchirer des êtres et les conduire à la folie... et à la mort.
- Un huis-clos psychologique haletant, sombre, misérable.
- Un roman qui mêle tragédie et fantastique: funestes destins et cauchemars trop réels...
Extrait de la préface, par Zola:
"Dans Thérèse Raquin, j'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus."
"Dans Thérèse Raquin, j'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus."
Je crois savoir que Neph a aimé ce roman... Allons voir ce qu'elle en écrit...
Lu dans le cadre du Défi J'aime les classiques!
Vous aurez sans doute remarqué que j'ai peu publié ces derniers temps (des empêchements, des priorités moins sympas). J'ai pris du retard dans la lecture de vos blogs, mails et commentaires. Je fais ce que je peux pour rattraper ça! En conséquence, le billet récapitulatif du défi aura aussi un peu de retard. Il ne sera publié que demain (voire mardi, au pire). J'en suis navrée...
2 livres lus sur 13.Mon billet sur L'Assommoir.
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